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Culture

Hiboux, un spectale qui flirte avec la mort

Il n’est jamais trop tôt pour bien préparer sa mort. Et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, autant ne pas procrastiner. On s’y met donc les 20 et 21 mai au théâtre du Fil de l’eau avec Hiboux, de la compagnie Les 3 points de suspension, qui explore, avec humour et une bonne dose de 2nd degré, l’univers funéraire.
Article de Pascale Decressac, publié dans Canal n°306, mai 2022.

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Une mise en scène participative

Bienvenue à la cérémonie de votre propre mort ! Si la proposition peut surprendre, elle ne doit pas effrayer mais, au contraire, rassurer celui qui l’accepte. «  C’est le moyen de trouver des bons plans, trucs et astuces pour préparer ce moment fatidique  », sourit le metteur en scène Nicolas Chapoulier.
Participative, la mise en scène implique les spectateurs qui sont invités à partager leurs envies, dernières volontés et autres idées d’épitaphes. Et celles-ci n’ont de limite que l’imagination ! C’est qu’avec le recul de la pratique religieuse, les usages funéraires – libérés des carcans traditionnels – se diversifient, pour le meilleur… et pour le pire. «  Les rites religieux ont le mérite de donner un mode d’emploi clé en main. Sans eux, chacun peut bricoler à sa guise  », note Nicolas Chapoulier. Ces essais, plus ou moins concluants, les trois comédiens les partagent sur scène, documentation et expérience à l’appui. «  L’un d’eux a passé le diplôme de conseiller funéraire…  », précise le metteur en scène.

L’expérience, ça compte !

Au cours de la cérémonie, fantômes et esprits – inconnus comme célèbres – n’hésitent pas à apporter leur contribution et leurs connaissances fondées sur une pratique de la mort éprouvée depuis quelques décennies, voire quelques siècles. De l’écrivain Victor Hugo au philosophe Gilles Deleuze, en passant par l’inventeur Thomas Edison, de grands noms de la pensée délaissent quelques minutes l’au-delà pour apporter leur pierre à l’édifice de la réflexion collective.
«  La parole est très libre  », assure Nicolas Chapoulier. Et comment en serait-il autrement quand il est question d’éternité ? Et parce que la musique adoucit les mœurs… et les morts, la représentation est ponctuée d’intermèdes musicaux interprétés par les comédiens-musiciens. «  Ce spectacle est, en quelque sorte, un tutoriel pour ne pas rater sa mort, ni celle des autres. Il est aussi un bon moyen de gagner du temps tant qu’on est vivant  », résume le metteur en scène, avant de conclure : «  Quand on parle de la mort, c’est toujours la vie qui s’immisce.  »

Informations pratiques :

  • Vendredi 20 mai à 20.00 et samedi 21 mai à 18.00
  • À partir de 14 ans.
  • Théâtre du Fil de l’eau, 20, rue Delizy
  • Réservation par téléphone 01 49 15 41 70 ou sur le site internet de la ville